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Article publié le 26 janvier 2011 - Wunnen n° 22 - février-mars 2011

15.03.2011

La maison écologique

La maison écologique


Une maison écologique peut se définir comme une maison respectueuse de l’environnement, du moins dans une plus grande mesure que les constructions standard de ces dernières décennies.

Durable et économe en énergie, la maison écologique est un concept qui a le vent en poupe, ceci pour deux raisons principales : d’un côté, les enjeux purement environnementaux, de l’autre côté, des considérations pragmatiques liées à la hausse, depuis quelques années, du prix des ressources naturelles, pétrole, gaz, électricité, eau. On assiste ainsi à une augmentation tant de la demande de la part de particuliers que du nombre d’artisans et d’entreprises spécialisés dans les constructions écologiques.
Mais que peut vouloir dire cette nouvelle forme de construire et d’habiter ? A quels aspects, techniques, équipements, matériaux, faut-il penser ? Pour vous aider à avoir une vue globale sur la question, nous vous proposons un ABC schématique de la construction écologique, qui va bien au-delà du cliché « maison avec panneaux solaires ».

Emplacement


Une maison écologique ne se suffit pas à elle-même. Le choix du terrain ne doit pas découler d’une simple opportunité de bas coût. Il faut que la maison soit intégrée dans un environnement adapté – c’est pourquoi, tout projet de construction écologique devrait idéalement être précédé d’une analyse du sol, des eaux souterraines, du climat, des vents dominants, de la faune et de la flore. Les espaces végétaux autour de la maison contribuent à réguler le climat de l’habitat. De façon cohérente, le terrain doit se trouver à proximité des moyens de transports, des commerces, des établissements scolaires, des réseaux routiers, etc. En effet, à quoi cela servira-t-il de construire une maison « écologique » si, pour le moindre déplacement, il faudra utiliser la voiture ?

Orientation


Un terrain dégagé au sud permettra de profiter pleinement de l’ensoleillement en hiver. A l’intérieur, il faut distribuer les pièces de façon à maîtriser les dépenses énergétiques : les espaces ayant besoin de moins de chauffage (garage, locaux techniques) seront situés au nord, les lieux de vie (cuisine, salle à manger, séjour) au sud, et à l’est et à l’ouest, les pièces tempérées (chambres à coucher).

Matériaux


Les murs d’une maison écologique doivent être constitués de matériaux qui respectent l’environnement et qui contribuent à la santé des occupants. De plus, ils doivent présenter une faible empreinte écologique, nécessitant peu d’énergie au niveau de la fabrication, du transport et la mise en œuvre. Pour le bois, par exemple, on utilisera des essences issues de forêts exploitées durablement dans la région ou en Europe, en évitant de le faire venir de continents lointains en proie à la déforestation et à l’exploitation de la main d’œuvre.

Isolation


Il est essentiel de mettre en place une isolation performante, depuis le sous-sol jusqu’aux combles, afin de supprimer les ponts thermiques et de conserver ainsi la chaleur en hiver et la fraîcheur en été. L’isolation thermique par l’extérieur, qui consiste à envelopper le bâtiment d’un manteau isolant, protège intégralement l’enveloppe construite. Les fabricants proposent aujourd’hui toute une série de solutions d’isolation naturelle qui sont écologiquement plus responsables que les isolants conventionnels comme les polystyrènes, les polyuréthanes ou les laines minérales. Citons la laine de mouton, le chanvre, la fibre de bois, le liège expansé, la laine de coton, l’ouate de cellulose ou encore la paille. Chaque matériau a ses caractéristiques propres, se distinguant au niveau des conditions de pose, de maintien du pouvoir isolant, de la sensibilité à l’humidité, etc. Autant que le type d’isolant, le soin apporté à la pose est déterminant pour aboutir à une solution efficace.

Ventilation


Une isolation bien faite a pour conséquence directe une étanchéité à l’air. Il est donc indispensable d’assurer la bonne ventilation de la maison au moyen d’un système de ventilation mécanique contrôlée (VMC), qui permet de réutiliser la chaleur de l’air sortant - notamment dans la cuisine ou la salle de bains - pour réchauffer l’air entrant. Le système le plus abouti est dit « à double flux », il consiste en un échange de chaleur qui se fait via les conduites d’entrée et de sortie qui se croisent intimement dans un dispositif appelé «échangeur à plaques» ou «échangeur à contre-courant».

Fenêtres


Il est recommandé d’augmenter les surfaces vitrées au sud pour apporter de la chaleur en hiver et de diminuer celles à l’ouest et à l’est afin d’éviter les surchauffes en été.
Afin d’empêcher un rayonnement solaire indésirable, il faut prévoir des systèmes de stores ou des avant-toits en surplomb pour ombrager en été les fenêtres orientées vers le sud. Le coefficient Uw, exprimé en watts par mètre carré-kelvin (W/m2.K), indique le pouvoir isolant d’un vitrage. Plus Uw est petit, plus le vitrage est isolant. Outre le vitrage, il faut aussi veiller à l’isolation du cadre et des bordures. En ce qui concerne le matériau, le PVC est aujourd’hui largement apprécié pour sa capacité d’isolation, sa longévité et son rapport qualité/prix. Cependant, du point de vue écologique, le bois, matériau naturel et renouvelable, est celui dont l’empreinte écologique est la plus faible. Encore faut-il s’assurer qu’il provient d’essences locales ou de menuiseries certifiées FSC ou PEFC.

Chauffage


La création de chaleur éco-responsable repose en partie sur la mise en place de systèmes spécifiques tels que pompes à chaleur, panneaux solaires, poêle à bois ou chaudières à gaz à condensation. Mais il faut aussi miser sur la captation passive de chaleur, en réfléchissant en amont sur des aspects tels que les matériaux, l’orientation, l’isolation et la ventilation. Il est un fait que la production de chaleur, même basée sur une énergie renouvelable, ne pourra pas pallier aux erreurs de conception du départ.

Panneaux solaires


Il faut distinguer les panneaux solaires thermiques, dont l’énergie est utilisée pour le chauffage et l’eau chaude sanitaire, et les panneaux solaires photovoltaïques, qui produisent de l’électricité pouvant être stockée ou revendue à un réseau.
Le solaire thermique présente des avantages directs : avec une surface appropriée de capteurs, une installation permet de couvrir jusqu’à 40 % des besoins annuels en énergie pour chauffer l’eau sanitaire. Les capteurs solaires peuvent aussi fonctionner en complément d’un système de chauffage et contribuer ainsi à une diminution des frais annuels de gaz ou de mazout.

Toiture


Il faut favoriser les matériaux ou modes constructifs qui présentent un écobilan favorable – pour les toitures à versants : bardeaux de bois, ardoises naturelles, tuiles céramiques ; pour les toitures plates : membrane EPDM (fil d’étanchéité synthétique) recouverte d’un complexe végétal de type extensif (mousses et lichens) ou de type intensif (plantations et arbustes).
La toiture végétalisée est une technique ancienne remise au goût du jour grâce à plusieurs avancées technologiques. Elle contribue non seulement à réguler les eaux de pluie, mais aussi à améliorer l’isolation thermique et phonique de la maison, à prolonger la durée de vie des toits et même à diminuer la pollution urbaine.
Dans le cas des maisons existantes, un autre geste éco-responsable consiste à remettre à neuf la toiture existante, plutôt que de la remplacer, en faisant effectuer un démoussage et une imperméabilisation.

Eau de pluie


Le recyclage de l’eau dans une maison écolo peut se faire par l’installation d’une simple cuve de récupération d’eau de pluie qui peut servir directement à l’arrosage du jardin ou être filtrée et utilisée pour l’alimentation des toilettes ou de la machine à laver.

Installations sanitaires


Au niveau de la salle de bain et de la cuisine, il convient d’opter pour des systèmes économiseurs d’eau – mitigeurs thermostatiques, réducteurs de pression, limiteurs de débit, limiteurs de température, économiseurs d’eau…

Domotique


Dans les maisons basse énergie, la domotique contribue à économiser l’énergie, en permettant une gestion optimale du chauffage, de la ventilation et des protections solaires.

La santé


La qualité de l’air respirable dans la maison repose sur l’utilisation de peintures intérieures naturelles, et de revêtements de sols d’origine naturelle, qui n’ont pas recours aux colles toxiques.

Ampoules économiques


Les ampoules classiques à incandescence vont peu à peu laisser place entière aux ampoules basse consommation, qui ont un rendement supérieur et une durée de vie plus importante. Ampoules fluocompactes, ampoules LED, l’offre sur le marché s’étoffe de plus en plus. Si les fluocompactes peuvent remplacer les «classiques» quasiment partout, les industriels ne cessent d’améliorer les performances des LEDs qui sont présentées comme les sources lumineuses du futur pour l’éclairage domestique.

Les éco-lotissements


Lorsqu’on parle d’habitat écologique, il faut absolument évoquer, outre les réflexions autour de la maison individuelle, l’émergence des éco-lotissements. Il s’agit d’un concept de lotissement, résidentiel ou mixte, qui privilégie une haute qualité environnementale, une haute qualité architecturale et une prise en compte du développement durable, ceci en misant sur une construction économe en énergie et en eau, l’utilisation d’énergies renouvelables et une attention accrue à l’environnement et au paysage autour des bâtiments.
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