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14.03.2008

Film ‘Last call for planet earth’

Film ‘Last call for planet earth’

Que peuvent faire les architectes ?



Le film documentaire de Jacques Allard, ‘Last call for planet earth’,
présenté jeudi 13 mars à la Cinémathèque de Luxembourg, met en évidence les efforts concrets que peuvent engager les architectes afin de promouvoir une construction plus efficace énergétiquement et plus en phase avec les enjeux environnementaux. Suivant Jacques Allard, réalisateur du film et par ailleurs président de la European Foundation for Architecture asbl, cette œuvre surgit en écho au célèbre ‘Une vérité qui dérange’ qui a porté le message d’Al Gore sur la survie de la planète. Dans ‘Last call for planet earth’, 12 architectes de renommée mondiale expliquent comment leur pratique est influencée par une forte conscience environnementale. Ces 12 architectes, qui travaillent aux 4 coins de la planète, sont : Françoise-Hélène Jourda, Christoph Ingenhoven, Massimiliano Fuksas, Thom Mayne, Ivan Harbour, Kengo Kuma et Qingyun Ma, Markku Komonen, Daniel Pearl, Jaime Lerner, Jo Crepain, Georg Reinberg.
Evitant de tomber dans des discours trop techniques, les architectes nous livrent des explications claires et précises ainsi que des réflexions profondes sur le sens de leur travail. Le documentaire illustre les interviews des architectes par de nombreuses images de leurs réalisations extraordinaires.
La projection du film a été suivie d’une discussion publique sur le thème :
'Quelle architecture pour demain ?', avec les intervenants suivants : Jacques Allard ;
Christian Bauer, architecte et président de la Fondation de l’Architecture et de l’Ingénierie ;
Joelle Welfring, directrice du Centre de Ressources des Technologies pour l'Environnement ;
Carole Rodesch, architecte ; Francois Thiry, architecte.

Le souci de l’environnement ne doit pas être un effet de mode


L’une des questions évoquées lors de ce débat consiste à savoir si l’architecte est en mesure de convaincre les ‘clients’ de changer de mode de vie, de construire autrement et de prendre de nouvelles habitudes par rapport à leur habitation.
La construction de bâtiments écologiques ne relève plus d’un geste exceptionnel, mais elle est en train de devenir la norme. D’un autre côté, il ne s’agit là que d’une partie de la solution du problème qu’affronte l’humanité. De façon générale, il est nécessaire de revoir l’organisation globale de la ville moderne, en prenant en compte toutes ses composantes. Il est un fait que le monde occidental a engendré un mode de vie qui n’est plus viable, parce qu’il est totalement destructeur pour la planète. Il est à regretter que trop souvent aujourd’hui le souci de l’écologie soit endossé comme une sorte d’étiquette marketing, comme un label, comme un effet de mode (Phénomène du ‘Greenwashing’).
Le film de Jacques Allard s’adresse aux architectes, mais il devrait également sensibiliser le grand public et, surtout, les décideurs politiques et économiques.
Il faut prendre gare à ne pas se concentrer exclusivement sur la thématique de la performance énergétique des bâtiments. L’architecture doit être attentive à un ensemble de considérations : l’énergie, la qualité de vie des utilisateurs, l’accessibilité, les questions sociales et politiques.
L’approche de Jaime Lerner, architecte et urbaniste, maire de la ville brésilienne de Curitiba pendant 12 ans, est un exemple d’architecture à l’échelle globale. Par sa créativité et malgré le manque de moyens, Jaime Lerner a contribué à faire de cette métropole un modèle de développement urbain et social.
Les bâtiments extraordinaires conçus par des architectes visionnaires ne sont-ils pas des gouttes d’eau dans le désert ? Par ailleurs, s’intègrent-ils réellement dans le tissu urbain ?
L’architecture ne devrait-elle pas être approchée plutôt d’une perspective de vision urbanistique ?
La question reste posée de savoir qui décide de l’urbanisme.
Au Luxembourg, ce ne sont certainement pas les architectes qui ont le dernier mot. Ils peuvent certes conseiller et proposer, mais en dernière instance la décision ne leur appartient pas.
Comment faire pour qu’une réelle conception globale de l’espace urbain soit développée au Grand-Duché, de façon à dépasser la somme des points de vue individualistes ?

La présentation de ‘Last call for planet earth’ et le débat qui a suivi ont été organisés par la Fondation de l'Architecture et de l'Ingénierie, The European Architecture Foundation Asbl et la Cinémathèque municipale de Luxembourg.
Magazine Wunnen
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