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Article publié le 21 novembre 2012 - Wunnen n° 31 - novembre-décembre 2012

21.11.2012

Édito

Rêvons un peu...

Rêvons un peu…
Face à la pénurie de logements, beaucoup d’experts prônent la densification de l’habitat dans les centres des villes et villages. Mais attention, pas n’importe quelle densification, et surtout pas ces immeubles d’appartements entassés et anonymes que l’on voit trop souvent. Ce qu’il faut, idéalement, ce sont des bâtis denses qui fassent preuve de créativité et de personnalisation. Le défi est lancé aux architectes et promoteurs de concevoir des structures au cœur des quartiers qui
« donnent envie d’y vivre afin que choisir d’habiter un appartement en ville se fasse par plaisir et non par nécessité », comme le commente Shahram Agaajani (Metaform) dans l’interview qu’il nous a accordée.
En fait, c’est toujours le même dilemme : recherche de profit immédiat et maximal contre réflexion sur le long terme, avec un retour sur investissement plus lent. Tout bâtisseur est constamment obligé de faire un arbitrage entre ces deux extrêmes. La facilité et les calculs comptables veulent que les objets soient conçus de la façon la plus rationnelle possible, en appliquant des modèles préexistants, en suivant des formules éprouvées, en s’exposant le moins possible au risque.
Ajoutez à ceci les limites imposées par le cahier des charges et les normes de plus en plus contraignantes, et on comprend que les structures d’habitat dense au Luxembourg soient plutôt consensuelles, techniquement bien réalisées, mais où souvent il manque un petit grain de folie, un twist dans la façon d’agencer la construction, une proposition audacieuse d’une vie en cohabitation différente. Il existe heureusement des exemples de projets singuliers qui osent arpenter d’autres sentiers que les schémas conventionnels. Bien sûr, il est question de laisser plus de temps et de consacrer plus d’énergie au projet, ce qui veut dire dépenser un peu plus…
Il s’agit là d’un placement sur l’avenir, un pari sur la qualité de vie en communauté, sur le fait qu’inviter des individus ou des ménages à partager un même immeuble, c’est aussi leur proposer une structure et un esprit de vivre ensemble.
Il n’est pas si facile d’être idéaliste quand on est exposé à la pression du marché. Mais il est permis de rêver, surtout en cette période de fin d’année. Et puis, les rêveurs n’ont-ils pas de tous temps été ceux qui ont changé et fait progresser la civilisation ?
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