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Article publié le 30 mars 2010 - Wunnen n° 18 - avril-mai 2010

01.06.2010

Un espace de respiration au cœur de la Vieille Ville

Musée national d’histoire et d’art

Musée national d’histoire et d’art
Musée national d’histoire et d’art

Surgissant tel un monolithe blanc en plein cœur de la Vieille Ville, le Musée national d’histoire et d’art (MNHA) répercute à l’intérieur de ses murs le dialogue qu’il entretient avec les bâtiments historiques avoisinants. En effet, le MNHA est principalement constitué de deux corps construits, l’un est ancien et l’autre est nouveau, et les deux sont reliés par un immense atrium vitré.

L’ancienne bâtisse, que voile le monolithe blanc, est perceptible à partir de la rue Wiltheim, on peut y observer sa façade arrière, tandis que sa partie avant est devenue un élément du volume intérieur de l’atrium.
Conçues par l’architecte Christian Bauer, les nouvelles structures du MNHA – le monolithe et l’atrium - ont été inaugurées en 2002, ensemble avec le maître d’ouvrage, le Fonds de rénovation et le ministère de la Culture.

Les origines du musée


L’idée d’un musée public au Luxembourg remonte à la fin du 18e siècle. Le pays fait alors partie du Département des forêts. L’administration française projette de créer un « Musée du Département des forêts » et commence à rassembler différents objets de collection. Cependant, ce projet muséal ne voit jamais le jour. A partir de l’indépendance du pays, en 1839, la volonté de fixer la mémoire patrimoniale et culturelle du pays s’affirme de plus en plus. Différentes collections archéologiques et historiques sont constituées, d’abord par la « Société pour la recherche et la conservation des monuments historiques dans le Grand-Duché de Luxembourg », puis, à partir de 1868, par la Section historique de l’Institut grand-ducal. Les objets sont conservés dans plusieurs locaux temporaires, notamment pendant une période dans un bâtiment annexe de l’Athénée. Pendant des années, l’Etat cherche une solution pour créer un véritable espace muséal et rassembler toutes les collections. En 1921, la maison bourgeoise Collart-de Scherff, située sur l’îlot du Marché-aux-poissons, subit un terrible incendie qui ravage son toit mansardé. La famille met la propriété en vente. L’Etat saisit l’opportunité et en fait l’acquisition avec l’objectif d’y installer le futur musée. Après plusieurs années de réflexion, les plans de transformation de la bâtisse sont dressés par l’architecte de l’Etat Paul Wigreux. Les travaux de réaménagement sont longs et compliqués, et ce n’est qu’en 1939, année de commémoration du centenaire de l’indépendance luxembourgeoise, que s’ouvrent au public deux salles consacrées à l’archéologie et aux sciences naturelles. Lors de la transformation, le bâtiment est profondément remanié. Les ouvertures et les irrégularités des murs sont bouchées. Des dalles en béton sont introduites à plusieurs endroits. Le musée connaît quelques vicissitudes pendant les années de guerre, mais sans souffrir de dégradation. Entre 1960 et 1990, l’Etat fait l’acquisition de plusieurs maisons voisines, à la fois pour agrandir la surface d’exposition du musée et pour préserver le caractère authentique du quartier.

Une nouvelle construction


En 1993, l’Etat crée le Fonds de rénovation de la Vieille Ville, dans le but de revitaliser le quartier historique autour du Marché-aux-poissons. L’une des missions du Fonds porte sur la restructuration du MNHA, avec l’objectif de recentrer le musée autour de la place du Marché-aux-poissons et autour de sa vocation principale, l’exposition des collections. Au préalable, le Fonds décide de réaffecter les maisons historiques, jusqu’alors occupées par les ateliers techniques du MNHA, au logement (projet rue de la Boucherie). Les ateliers techniques sont transférés à Bertrange.
Le Fonds organise un concours international en 1997, et c’est le projet de l’architecte Christian Bauer qui est distingué. Son concept a l’avantage de doubler les surfaces d’exposition sans affecter en aucune manière les maisons historiques avoisinantes. Le réagencement du musée mise sur différents axes de mise en valeur :
construction d’un bâtiment monolithe face à la place du Marché-aux-poissons,
creusement de la place du Marché-aux-poissons sur une profondeur de quelque 15 mètres pour y intégrer trois étages supplémentaires,
jonction par un atrium vitré d’une hauteur de 30 mètres entre le bâtiment monolithe et l’ancien bâtiment de Scherff,
conservation des anciennes architectures en place, en particulier sauvegarde de la cave taillée dans la roche calcaire en 1580.
Inauguré en 2002, le nouveau MNHA apporte une aire de respiration bienfaisante dans le quartier historique.
Sous la place du Marché-aux-poissons, la moitié des collections est désormais installée dans la roche qui a été creusée autour de vestiges connus, mais qui auparavant étaient non accessibles au public, comme la cave médiévale de l’ancien Conseil provincial. Cette révélation de l’Histoire s’accompagne d’un parcours muséologique d’esprit contemporain, mis en espace par le scénographe Richard Peduzzi et le directeur Paul Reiles, avec l’appui des conservateurs. Le parcours se déploie sur dix niveaux et se veut chronologique. De la préhistoire aux expériences artistiques les plus récentes, le visiteur gravit les étages comme s’il parcourait les couloirs du temps.
Nous remercions Mme Isabelle Yegles-Becker (Fonds de rénovation de la Vieille Ville) pour l’aide apportée à la préparation de cet article.

Sources
www.vieilleville.lu
www.mnha.public.lu
Ouvrage « De Fëschmaart », par Isabelle Yegles-Becker, publié en 2002 par le Fonds de rénovation de la Vieille Ville et les éditions Le Phare
Magazine Wunnen
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