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Article publié le 28 janvier 2008 - Wunnen n° 5 - janvier-février 2008

28.01.2008

Le dresseur de bois

Menuisier

Menuisier



En atelier ou sur le chantier, le menuisier travaille le bois. Il conçoit et fabrique des ouvrages destinés à l’aménagement intérieur et extérieur de logements, bureaux et magasins.


Si le bois demeure son matériau de prédilection, le menuisier utilise également du plastique, de l’aluminium, du verre ainsi que d’autres matériaux composites. Le champ d’activités du menuisier s’est beaucoup élargi au cours des années. Aujourd’hui, il est de plus en plus sollicité pour la réalisation de portes, de fenêtres, de placards, d’escaliers, de volets, de parquets ainsi que pour des travaux d’isolation, d’insonorisation et d’étanchéité ou encore des travaux de décoration ou d’ornement intérieur d’édifices.


Outils de menuisier

Nature du travail


Dans le secteur du bâtiment, il faut faire la distinction entre le menuisier et le charpentier. Le charpentier participe à la construction de l’ossature de l’ouvrage, tandis que le menuisier se consacre à la réalisation et à la fabrication d’éléments en bois devant contribuer à la fermeture de l’ouvrage, tels que portes, fenêtres, etc., ainsi qu’à la planification et réalisation des meubles devant intégrer l’ouvrage, tels qu’armoires, placards, cuisines, escaliers, etc.
Le menuisier fabrique des pièces uniques sur mesure, soit d’après ses propres conceptions, soit d’après des projets d’autrui. Il effectue également la pose de meubles incorporés et construit des ouvrages en bois sur les chantiers.
Pour la découpe, l’assemblage et la pose, le menuisier utilise un outillage traditionnel (perceuse, visseuse, scie sauteuse, raboteuse, ponceuse, etc.), mais aussi des machines modernes à commandes numériques qui lui facilitent la tâche en lui permettant d’effectuer à court terme des travaux de grande précision.

Connaissances et aptitudes


Moins physique que la plupart des métiers du BTP, le travail du menuisier s’effectue en atelier comme sur chantier. C’est un travail qui exige de la polyvalence, de la flexibilité, de la minutie, ainsi qu’un esprit inventif. Les compétences du menuisier sont multiples. Il doit savoir lire un plan, maîtriser la géométrie, le calcul algébrique, le dessin technique, etc. De nos jours, il faut aussi qu’il démontre des connaissances en informatique, étanchéité, isolation, électricité, etc. Dans son travail, le menuisier doit allier le sens de l’esthétique, la créativité et la technicité, tout en étant attentif au maniement des machines et outils de production qui peuvent se révéler dangereux. Enfin, il ne doit pas être allergique à la poussière, ni aux autres composants entrant dans le processus de fabrication.

Formation


Le Certificat d’Aptitude Technique Professionnelle (CATP) en menuiserie constitue le diplôme initial requis pour intégrer la filière. Ce dernier s’obtient après une formation réussie de trois ans à partir d’une 9e secondaire technique. Les première et deuxième années sont dispensées en formation plein exercice à l’école. Les troisième et dernière années sont dispensées en cours concomitants, c’est-à-dire à la fois à l’école, pour ce qui est du volet théorique, et auprès d’un patron formateur, pour ce qui est du volet pratique.
Après trois années de pratique professionnelle dans le métier et s’il est âgé de 21 ans, le jeune qualifié peut suivre une formation pour obtenir le brevet de maîtrise qui lui conférera le titre de maître-artisan et lui donnera le droit de s’établir en tant qu’artisan indépendant et de former des apprentis.

Informations supplémentaires : Chambre des Métiers du Grand-Duché de Luxembourg www.cdm.lu
ainsi qu’auprès du ministère de l’Education nationale www.men.lu


Georges Reckinger, président de l'APM



« Les menuisiers pratiquent une profession moderne et évoluent dans un environnement à la pointe du progrès. »


Georges Reckinger, président de l’Association des patrons menuisiers du Grand-Duché de Luxembourg (APM)


Pouvez-vous brièvement nous présenter l’APM ?
L’APM rassemble 170 entreprises du secteur qui emploient quelque 1.700 salariés. Fondée en 1905, l’association a pour objectif la défense des intérêts de ses membres dans les domaines économiques, politiques et sociaux. Elle intègre des menuisiers du bâtiment, des menuisiers d’agencement intérieur, des menuisiers ébénistes, des sculpteurs de bois, des fabricants de volets, des fabricants d’éléments préfabriqués, des parqueteurs, etc.

Quelles sont les qualités requises pour exercer le métier?
C’est un métier qui requiert de bonnes connaissances en calcul, de l’habilité manuelle, une bonne capacité de concentration. Avant même de réaliser son ouvrage, le menuisier doit être capable de l’imaginer en trois dimensions et de prévoir comment celui-ci pourra s’adapter à l’environnement où il sera installé. Par ailleurs, il faut être inventif, flexible et toujours à l’écoute des nouvelles technologies. Quand il intervient sur le chantier, le menuisier est souvent en contact direct avec le client, son conseil et son travail de pose doivent alors être particulièrement soignés.

Menuisier
Quelle est la qualification requise ?
Le diplôme de C.A.T.P. est indispensable pour intégrer la filière. Avec cette qualification, un jeune menuisier n’aura pas de difficultés pour être embauché au sein d’une menuiserie ou de toute autre entreprise du domaine de la construction. À l’heure actuelle et compte tenu d’un manque suffisant de candidats détenteurs d’un C.A.T.P. luxembourgeois, le secteur a recours à l’embauche de personnel transfrontalier présentant une qualification équivalente.
D’autre part, il est vital pour un menuisier de suivre en permanence des cours de formation continue internes et externes, afin de se familiariser avec les techniques les plus récentes, ainsi qu’avec les tendances actuelles en matière de travail du bois et de matériaux d’adjonction.

Comment se présente le secteur de la menuiserie au Luxembourg ?
Les entreprises du secteur de la menuiserie tirent profit de la conjoncture actuelle plutôt favorable dans le secteur de la construction.
Cependant, chaque entreprise doit développer des niches de marché, surtout dans des domaines qu’elle va maîtriser particulièrement, par exemple la restauration de meubles anciens ou encore l’aménagement intérieur de maisons à basse consommation d’énergie.

Le métier a-t-il beaucoup changé au cours des années ?
Absolument, il est aujourd’hui vital de suivre, respectivement d’anticiper l’évolution des technologies et les attentes des clients. Le menuisier doit être capable de diversifier ses compétences, il doit s’adapter à chaque client et à chaque chantier. Il doit être au fait des nouveaux matériaux et des nouvelles méthodes de fabrication. Sur le plan de la communication, le menuisier doit également bien présenter et valoriser son travail et ses prestations.
Par ailleurs, le métier accorde beaucoup d’importance à la santé et à la sécurité sur le lieu de travail. Outre le port de gants de protection, de masques respiratoires et de lunettes de protection, les menuisiers emploient de plus en plus, dans leur processus de fabrication, des laques contenant des solvants non-nocifs pour la santé de l’homme et l’environnement, ceci en conformité avec la législation européenne en vigueur.

Est-ce un métier d’avenir ?
C’est un métier du présent et de l’avenir. Les derniers développements dans la branche montrent que les menuisiers pratiquent une profession moderne et évoluent dans un environnement à la pointe du progrès. La persévérance et le soin apporté à l’ouvrage, accompagnés de la formation initiale et de l’expérience professionnelle, font partie des clés pour que le menuisier progresse dans son entreprise.

Y a-t-il une demande accrue de la part des clients pour des menuiseries plus recherchées ?
Oui, les clients demandent de plus en plus souvent des ouvrages spécifiques. Ils sont aujourd’hui également plus sensibilisés aux questions écologiques. C’est pourquoi les menuisiers privilégient l’utilisation de bois régional ou de bois éco-certifié (FSC).

Le métier attire-t-il les jeunes ?
En général, entre 15 et 20 jeunes obtiennent leur diplôme C.A.T.P. par an. Ce quota n’est malheureusement pas suffisant pour satisfaire les besoins des entreprises indigènes.
Il nous faut trouver des moyens de susciter de nouvelles vocations parmi les jeunes. Une réforme de l’enseignement professionnel est actuellement en gestation, faisant l’objet de nombreuses discussions entre les divers acteurs impliqués (secteur artisanal et autorités ministérielles concernées). Un des objectifs de cette réforme consiste à tenir compte des spécialisations et segmentations des différents métiers artisanaux.
Pour ce qui est de l’APM, nous essayons d’informer les jeunes intéressés sur les particularités et attraits de notre métier. Dans ce contexte, il y a lieu de signaler que l’APM présentera prochainement une remise à jour et une modernisation de son site Internet qui permettra aux visiteurs de visualiser en ligne les diverses facettes du métier.

Association des Patrons Menuisiers du Grand-Duché de Luxembourg
2, Circuit de la Foire Internationale
L-1347 Luxembourg-Kirchberg
Tél. : 42 45 11 - 1
www.apm.lu
Magazine Wunnen
www.wunnen-mag.lu | info@wunnen-mag.lu