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Article publié le 13 mars 2009 - Wunnen n° 12 - mars-avril 2009

10.04.2009

La bonne mesure

La profession de géomètre

La profession de géomètre

Le géomètre exerce une activité d’intérêt général, qui consiste à établir différentes mesures concernant les propriétés foncières et immobilières. Le terme « géomètre » vient du grec « gê » qui désigne la déesse de la terre et de « metron » qui signifie mesure. C’est probablement l’un des métiers les plus vieux du monde, car depuis que l’Homme a commencé à s’approprier des terrains, il a commissionné des personnes habilitées à les délimiter de façon précise.

Doté de solides compétences juridiques et techniques et d’une parfaite connaissance de la topographie, le géomètre conseille de manière fiable les propriétaires actuels et futurs sur des questions comme la mitoyenneté, la division foncière et les servitudes. Son intervention se révèle décisive dans la protection, la gestion et le développement d’un patrimoine public ou privé.
Le géomètre peut réaliser toutes études, documents topographiques, techniques et information géographique pour ses clients publics ou privés. Ses compétences relèvent à la fois de l’ingénierie technique et de l’expertise dans le domaine foncier et immobilier.
En plus de connaissances avancées en mathématiques et physique, le géomètre doit faire preuve de précision et posséder une bonne perception de l’espace. Il doit être capable d’utiliser correctement tous les instruments topographiques et de réaliser les calculs et dessins consécutifs aux mesures, notamment en exploitant les données numériques à l’aide de l’outil informatique. Il y a 20 ans, les mesures se faisaient encore avec tous les instruments manuels classiques, mais aujourd’hui les innovations électroniques et l’informatique ont beaucoup facilité le travail sur le terrain, avec notamment l’utilisation d’appareils optiques sophistiqués (tachéomètres et théodolites) munis de récepteurs GPS (géolocalisation par satellite).

La profession de géomètre








« Le travail du géomètre va bien au-delà du simple relevé de mesures, il implique souvent un talent pour gérer des relations humaines. »



Nico Schares, président de l’Ordre Luxembourgeois des Géomètres (O.L.G.)



WUNNEN : Quelle est la formation pour devenir géomètre ?
Nico Schares : « Les conditions d’accès et d’exercice de la profession sont définies dans la loi du 25 juillet 2002. La loi distingue deux catégories : les géomètres et les géomètres officiels. La qualification d’ingénieur géomètre est assujettie à un cycle complet d’études supérieures, qui dure 4 années en théorie. Pour être admis dans une université, l’étudiant doit être détenteur d’un diplôme de l’enseignement secondaire (de préférence section « B » classique ou 13e secondaire technique). Une fois le diplôme universitaire en poche (à l’avenir, le grade de Master, suivant la nomenclature de Bologne), le géomètre doit requérir une autorisation auprès du ministre des Classes Moyennes pour l’exercice de la profession en tant qu’indépendant. Pour être homologué par l’Etat et exercer en tant que géomètre officiel, il doit ensuite accomplir un stage professionnel de deux ans et passer avec succès un examen final. »

Dans quels domaines le géomètre est-il amené à intervenir ?
« Le géomètre exerce de multiples activités, dans des domaines très variés au niveau du cadastre et de la mensuration officielle : topographie, bâtiment, aménagement urbain, remembrement, cartographie, infographie, etc. Le type d’intervention dépend des objectifs définis dans le cadre de chaque projet individuel. En général, l’activité du géomètre se partage entre le travail au bureau et des actions précises sur le terrain.
Le géomètre officiel peut également être engagé dans le processus de gestion des grands projets de construction et d’urbanisation. En tant que professionnel assermenté devant la loi, il est tenu d’effectuer sa mission avec objectivité et impartialité. Son jugement ayant valeur légale, il a donc une très grande responsabilité par rapport à tous les intervenants. »

Le géomètre se borne-t-il à établir des mesures ?

« Non, son travail va bien au-delà du simple relevé de mesures et implique très souvent un talent pour gérer des relations humaines. Concrètement, dans le cas d’un « contrat d’abornement de propriété », le géomètre prend rendez-vous avec le propriétaire de la parcelle et les propriétaires des terrains adjacents. Il doit effectuer les mesures en prenant en considération à la fois les plans existants et les informations fournies par toutes les parties concernées. Il doit parfois gérer certains désaccords quant à une délimitation. Cette capacité de médiation est particulièrement importante dans des projets de grande envergure, par exemple dans le cadre d’un plan d’aménagement particulier (PAP). Les procédures de remembrement impliquent souvent une somme d’entretiens et de discussions qui peuvent s’étendre sur une longue période et demandent que le géomètre sache écouter, évaluer, proposer, convaincre, et au final aboutir à une solution acceptable par tous. Les mesures et plans établis par le géomètre constituent en effet la base incontournable pour l’architecte urbaniste et toutes les réalisations à venir. D’ailleurs, la loi du 4 août 2004 sur l’aménagement communal habilite le géomètre, au même titre que l’architecte, l’ingénieur et l’urbaniste, à établir des PAP ; cette loi traite aussi sur une trentaine d’articles le remembrement urbain, le champ d’activité privilégié du géomètre. »

La profession de géomètre
Quels sont les débouchés pour cette profession ?
« Il y a énormément de travail et un nombre restreint de géomètres officiels en activité. L’intervention du géomètre est par ailleurs de plus en plus requise dans le secteur du bâtiment qui a recours depuis quelques années à des techniques en préfabriqué, ce qui fait que la géométrie doit être fixée à différents stades de la construction d’un immeuble. En dehors de ce secteur, les services du géomètre sont également sollicités dans la gestion des systèmes d’information géographique, la constitution de banques de données, le cadastre des conduites enterrées. Si on considère que chaque année 2 ou 3 géomètres prennent leur retraite, il y a une nécessité évidente de renouvellement. Malheureusement, à l’heure actuelle, on constate que le nombre de géomètres diplômés sortant des universités n’est pas suffisant pour couvrir tous les besoins. Notons que la loi de 2002 prévoit que des géomètres homologués dans leur pays d’origine peuvent exercer au Luxembourg, ceci dans le cadre de la réglementation européenne permettant la libre circulation des personnes et services. Ils devront passer avec succès des épreuves d’aptitude, portant notamment sur l’acquisition des compétences juridiques et des connaissances linguistiques nationales. »

Pouvez-vous nous présenter l’Ordre Luxembourgeois des Géomètres (O.L.G.) ?
« Fondé en 1988, l’Ordre s’est donné comme objectifs principaux de défendre et de promouvoir les intérêts professionnels de ses membres, de soutenir leur formation générale et professionnelle et de coopérer avec les associations nationales et internationales qui visent des buts analogues. Il veille entre autres au respect et à l’application des règlements en vigueur et il concourt à l’organisation de stages et à la tenue des examens officiels. L’Ordre est membre de la Fédération Internationale des Géomètres (FIG), fondée en 1878 à Paris et membre fondateur du Comité de Liaison des Géomètres Européens (CLGE). L’OLG compte 75 membres dont 45 actifs. 17 exercent au sein de l’Administration du Cadastre, une dizaine d’autres auprès de différentes administrations et syndicats communaux, 6 dans d’autres organismes publics (CFL, Administration des Ponts et Chaussées, Office national du remembrement), 7 ont établi leur propre bureau privé de géomètre officiel, 6 exercent la profession de géomètre dans des domaines d’activités spécifiques mais ne touchant pas la mensuration officielle. »

Ordre Luxembourgeois des Géomètres
B.P. 651
L-2016 Luxembourg
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