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Article publié le 8 mai 2008 - Wunnen n° 7 - mai-juin 2008

08.05.2008

Le matériau de tous les désirs

Le métier de constructeur métallique

Le métier de constructeur métallique
Dans la vie quotidienne, nous rencontrons partout des projets et des objets qui sont l’œuvre du constructeur métallique : escaliers, balustrades, passerelles, charpentes métalliques pour halles et ponts, façades, toitures, vérandas, remorques, divers ouvrages forgés, etc.

De par leurs qualités – élasticité, résistance, recyclabilité –, les matériaux métalliques sont de plus en plus utilisés dans le bâtiment, l’industrie et le mobilier. Cependant, malgré la forte progression que connaît le secteur, les formations conduisant aux métiers du métal peinent depuis de nombreuses années à susciter un intérêt auprès des jeunes. Conséquence : les métiers de serrurier, soudeur, charpentier métallique manquent de main-d’œuvre et les entreprises se voient forcées d’embaucher dans les régions limitrophes.
C’est pourtant un beau métier que celui de constructeur métallique : travailler le métal, le façonner de mille et une façons, l’associer à d’autres matériaux et en faire de belles réalisations qui ont leur place dans l’architecture et le monde moderne.

Nature du travail
Le constructeur métallique travaille à la fabrication de différents éléments de construction métallique, de charpente, de fenêtres et de façades. Il est responsable de toute la procédure de fabrication ainsi que du montage. Les matières utilisées sont le fer et les aciers, les aciers inoxydables, le laiton, le bronze, le cuivre, l’aluminium ainsi que leurs alliages et certaines matières synthétiques. Capable de forger, ajuster et assembler tous les ouvrages métalliques du bâtiment ou des travaux publics, le serrurier-métallier travaille aussi bien en atelier que sur chantier. Dans l’atelier, le constructeur métallique débite des barres, des tubes et des tôles sur la base de dessins techniques. Il façonne les profilés coupés, manuellement ou à l’aide de machines et d’appareils, en appliquant les techniques du poinçonnage, du perçage, du taraudage, du pliage et du fraisage. Il assemble les éléments de construction ainsi fabriqués au moyen de différentes techniques de soudage, de vissage et de collage. Ensuite, il intègre des charnières, des serrures, des garnitures d’étanchéité, etc. Après les traitements de surfaces, il prépare les éléments de construction à la pose, les transporte au chantier et les monte en équipe.
Le constructeur métallique ne produit pas que des ouvrages neufs : il répare et procède aussi au remplacement partiel ou total d’œuvres métalliques détériorées.
Certaines opérations comportent des dangers, sont bruyantes et nécessitent le port de protections (lunettes, casque, chaussures renforcées, etc.). Sur les chantiers, le constructeur métallique est tributaire des conditions météorologiques et est parfois amené à travailler sur des échafaudages. Il travaille en équipe et coordonne ses activités avec les autres professionnels du bâtiment.

Connaissances et aptitudes
Le métier demande un certain nombre d’aptitudes : des connaissances techniques, de l’habileté manuelle, des talents de dessinateur, une aptitude pour le calcul, une bonne représentation spatiale, une capacité à supporter les bruits, une bonne résistance physique, une aptitude à travailler en équipe, de la rigueur et de la précision.

Formation
L’obtention du CATP (Certificat d’Aptitude Technique et Professionnelle) est possible après 3 années de formation :
une année de formation professionnelle initiale (école à plein temps)
deux années de formation professionnelle sur base d’un contrat d’apprentissage en entreprise.
Si le jeune est âgé de 21 ans au moins, s’il a son CATP et s’il a effectué trois années de pratique professionnelle, il peut suivre les cours préparatoires à la Chambre des Métiers afin d’obtenir son brevet de maîtrise, qui lui conférera le titre de maître-artisan.

Infos : Chambre des Métiers du Grand-Duché de Luxembourg
www.cdm.lu
Ministère de l’Education nationale
www.men.lu


Guy Gardula, président de la Fédération des entreprises du métal



« Celui qui a une âme manuelle et artisanale et s’engage dans ce métier avec cœur et passion n’aura pas de mal à progresser. »


Guy Gardula, président de la Fédération des entreprises des métiers du métal (FEMM)


Pouvez-vous brièvement nous présenter la FEMM ?
« La fédération comprend quelque 160 entreprises, de différentes dimensions, depuis les petites entreprises artisanales jusqu’aux sociétés employant jusqu’à 100 personnes. Des entreprises spécialisées et des entreprises polyvalentes, touchant à tout type de travaux autour du métal : construction métallique (maisons, halles, ponts, etc.), charpente métallique, serrurerie (garde-corps, escalier, grillages, etc.), travaux de forge (ferronnerie d’art), menuiserie métallique (portes, fenêtres, façade…), mécanique générale. »

Le métier de constructeur métallique
Dans quels domaines le professionnel en constructions métalliques est-il amené à travailler ?
« C’est un métier très varié qui touche à beaucoup de secteurs : le bâtiment, l’industrie mécanique, la transformation des métaux, la construction de véhicules. Certains professionnels développent leur créativité et leur sens esthétique en se dirigeant vers la ferronnerie d’art, l’agencement de vitrines et de lieux d’exposition. »

Quels sont les avantages de l’acier et d’autres métaux dans la construction ?
« Il y a d’abord un aspect écologique indéniable. L’acier est un matériau recyclable presque à 100%. Il n’est pas recyclable qu’une seule fois, mais à l’infini, sans perdre ses qualités initiales. C’est un matériau polyvalent qui présente des qualités uniques de résistance, d’élasticité, de malléabilité. C’est un matériau qui se plie aux formes les plus insolites et recherchées sur le plan architectural. Il n’y a pas de limite dans son façonnage, ce qui permet par exemple au serrurier de laisser exploser toute sa créativité. Par ailleurs, les métaux offrent une infinité de combinaisons avec d’autres matériaux, le verre, le bois, la pierre, etc. Face à toutes ces possibilités ainsi qu’à l’évolution des technologies d’usinage, le professionnel doit posséder aujourd’hui un plus grand degré de compétences. »

Le métier a-t-il beaucoup changé au cours des années ?
« Le secteur des constructions métalliques a pu se développer grâce à l’évolution des technologies tant sur le plan des matériaux que des techniques d’usinage. »

Est-ce un métier de création ou un métier d’exécution ?
« En atelier, la plus grande partie des réalisations est un travail d’exécution, la créativité se situe au niveau des architectes, des techniciens et ingénieurs dans les bureaux d’études techniques. »

Comment se passe la collaboration avec les architectes ?
« Il existe aujourd’hui une plus grande collaboration avec les architectes et les maîtres d’ouvrage. Les clients sont de plus en plus exigeants et connaisseurs. Ils savent souvent ce qu’ils désirent au niveau conceptuel. Ce sont les concepts et les calculs sur papier qui poussent souvent le métier au-delà de ses limites, vers plus d’ingéniosité et de sophistication. »

Comment se présente le secteur des entreprises au Luxembourg ?
« Le secteur des métiers du métal est l’un des marchés les plus porteurs actuellement au Luxembourg. La demande en personnel qualifié est en forte augmentation depuis 20 ans. Le nombre d’entreprises est considérable et va en grandissant d’année en année.
Bâtiments publics et tertiaires, résidences, maisons et villas, ouvrages publics, dans tous ces domaines, il est fait appel au professionnel des constructions métalliques pour des réalisations spécifiques qui vont de la petite serrurerie jusqu’à la grosse charpente de tablier de pont ou d’immeubles.
Les métiers du métal constituent certainement un secteur d’avenir, offrant à des jeunes qui sont motivés de nombreux débouchés et opportunités de progression. »

Le marché est-il en demande de professionnels qualifiés ?
« Le secteur emploie pour l’instant un fort pourcentage de travailleurs frontaliers, puisqu’on ne trouve pas assez de main-d’œuvre qualifiée au Luxembourg.
Chaque année, sur les quelque 2.000 travailleurs du secteur, il faut embaucher, pour des raisons de roulement naturel (départs en retraite, maladies, mobilité des emplois), un minimum de 50 personnes, simplement pour maintenir la quantité actuelle de la main-d’œuvre. Or, c’est à peine si une douzaine d’apprentis passent leur CATP chaque année, et une bonne partie d’entre eux, quand ils ont leur diplôme, partent vers le secteur public, l’Etat et les Communes.
Par conséquent, les entreprises embauchent sur les marchés frontaliers. Pas toujours du personnel qualifié, plutôt des ouvriers motivés qui vont être formés sur le tas, par la pratique dans l’atelier et des formations internes. »

Le métier de constructeur métallique



Les métiers du métal


L’origine du métier remonte aux premiers temps de l’humanité quand dans la forge les hommes ont commencé à travailler le cuivre, le bronze et ensuite le fer. Pendant des siècles, les forgerons ont fabriqué des outils agricoles et d’autres à usage courant ou guerrier. Mais c’est au 19e siècle lors de la Révolution industrielle que l’acier prend véritablement son envol. Ses propriétés sont telles qu’elles bouleversent totalement les techniques de construction traditionnelles. Dès la fin du 19e siècle, l’utilisation de l’acier a permis de réaliser des bâtiments d’une hauteur et d’une portée toujours plus impressionnantes, dans des conditions d’assemblage simplifiées (à l’usine, et non plus uniquement sur le chantier). Les gratte-ciel américains (par exemple l’Empire State Building datant de 1931) sont parmi les premières structures à être construites sur une ossature métallique, sur lesquelles viennent se fixer les façades non porteuses. L’acier a donné un nouveau visage à l’architecture, rendant possible un nouvel agencement du vide. Un exemple au Luxembourg d’ouvrage important métallique : le Pont Rouge



Que faudrait-il faire pour attirer plus de jeunes vers les métiers du métal ?
Le métier de constructeur métallique
« Il y a un énorme travail à faire en amont, par rapport au point de vue que la société actuelle porte sur les métiers manuels, au niveau des parents, de l’école, des décideurs. Il faut revaloriser les métiers artisanaux qui peuvent offrir du travail et de la satisfaction à bon nombre de jeunes. Plus il y aura de jeunes qui s’intéresseront au métier, plus il y aura de chances pour que la formation soit dispensée dans plus d’établissements. Il faut savoir que, pour l’instant, la formation de constructeur métallique n’est dispensée que dans deux écoles au Grand-Duché : le Lycée technique de Bonnevoie et l’école privée Emile Metz à Dommeldange.
Par ailleurs, il y a une évolution qu’il est nécessaire d’engager, comme cela a été fait dans d’autres pays, en Suisse, en Allemagne : il faut faire passer le message qu’apprendre un métier, ce n’est pas une fin en soi, c’est la carte d’entrée pour la poursuite d’un apprentissage sur le long cours en milieu professionnel. La formation continue est très importante, soit en interne dans l’entreprise soit dans le cadre de modules spécifiques.
Le métier de constructeur métallique donne accès à une diversité de spécialisations et d’avancées professionnelles.
Cette année, afin de mieux faire connaître les particularités et attraits de notre profession, notre fédération aura un stand d’information à la Foire d’Automne.
On espère surtout susciter l’intérêt des décideurs, parents, enseignants, hommes politiques, tous ceux susceptibles de mettre en route des dynamiques de formation. Il faut travailler en amont pour motiver et orienter les jeunes par rapport à des formations et des carrières dans les métiers de l’artisanat. C’est le rôle du CPOS (Centre de psychologie et d’orientation scolaires) d’orienter les jeunes vers un métier en fonction de ses penchants, ses qualités, ses compétences, et des débouchés sur le marché.
Il est important d’armer le jeune d’un bagage solide pour qu’il entame correctement son parcours professionnel. Celui qui a une âme manuelle et artisanale et s’engage dans ce métier avec cœur et passion n’aura pas de mal à progresser dans sa carrière. »

Fédération des entreprises des métiers du métal
2, Circuit de la Foire Internationale,
L-1347 Luxembourg-Kirchberg
Tél. 42 45 11 – 1
E-mail : j.franck@fda.lu
Magazine Wunnen
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