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Article publié le 26 janvier 2011 - Wunnen n° 22 - février-mars 2011

20.02.2011

Commune de Mersch

Solide comme le roc

Commune de Mersch - Menhir de Reckingen - Béisenerbierg
Menhir de Reckingen - Béisenerbierg
Ancrée au centre géographique du pays, dans la vallée verdoyante de l’Alzette, la commune de Mersch occupe une place de choix sur le territoire grand-ducal. Avec ses 8.000 habitants, son riche patrimoine naturel et architectural, ses infrastructures scolaires et sportives, ses pôles commerciaux et industriels, son offre culturelle et festive, c’est une commune dynamique et aux multiples visages, très bien desservie par les transports en commun, disposant d’une gare où s’arrêtent tous les trains nationaux et internationaux et de liaisons de bus du nord au sud et d’est en ouest.
En sa qualité de centre d’attraction et de développement régional, entre la ville de Luxembourg et la Nordstad, Mersch est appelée à connaître une évolution importante dans les années à venir. Objectif primordial pour l’équipe échevinale : éviter que la commune ne devienne un espace-dortoir.
Entretien avec Albert Henkel, bourgmestre.
Albert Henkel, bourgmestre de Mersch





Il s’agit de créer, à l’horizon 2030, un véritable nouveau centre pour Mersch.


Albert Henkel, bourgmestre


Commune de Mersch
Forteresse en bois, parc municipal de Mersch
Forteresse en bois, parc municipal de Mersch
Château de Pettingen, Mersch
Château de Pettingen
Commune de Mersch
Centre national de littérature
Wunnen : Quelques mots d’introduction sur Mersch…
Albert Henkel : Mersch est véritablement privilégiée de par sa position centrale, ses liaisons avec l’ensemble du pays, son dynamisme économique et son cadre naturel. Nous disposons de tout ici, de plusieurs administrations de l’Etat, du Centre national de littérature, d’un centre aquatique, de halls sportifs, d’une maison de la culture, de deux centres commerciaux et d’un très beau parc communal. De par son positionnement, Mersch est vouée à un développement important entre la ville de Luxembourg et la Nordstad. Nous voulons cependant maîtriser les différentes facettes des changements à venir, en évitant notamment que Mersch ne devienne une ville-dortoir. Il est un fait que la plupart des habitants se déplacent vers Luxembourg-Ville et vers Colmar-Berg ou Ettelbruck. Mais la commune compte quelque 1.000 emplois sur son territoire, qui sont fournis essentiellement dans le secteur des petites et moyennes entreprises.
Il faut faire le maximum pour préserver ces emplois et en créer de nouveaux.



Commune de Mersch - Tour Saint-Michel

La Princesse et l’oignon


La tour Saint-Michel est l’emblème de la commune. Tout comme l’église à laquelle elle appartenait, cette tour devait être démolie. Elle doit sa conservation à un coup de cœur de la reine Anna Palowna, épouse de Guillaume II, roi des Pays-Bas et Grand-Duc de Luxembourg. En 1844, lors d’une visite à Mersch, la reine Anna Palowna fut charmée par la tour dont la toiture en forme de bulbe d’oignon (« Zwiebelturm ») lui rappelait sa Russie natale ; elle demanda aux édiles de ne pas démolir la construction.

La commune semble particulièrement comblée en termes de surfaces vertes…
Mersch est située en plein centre de forêts. D’ailleurs, la commune de Mersch est le plus grand propriétaire de forêts parmi les communes du Grand-Duché – elle détient 1150 hectares des 2.200 hectares de bois que compte le territoire de la commune. Il fut un temps où ces forêts nous rapportaient de l’argent, mais, actuellement, la gestion des bois sur les plans touristiques, récréatifs et environnementaux engendrent des coûts additionnels nécessaires et substantiels.

Que va impliquer pour la ville la reconversion des friches industrielles de l’Agrocenter ?
La délocalisation des activités agro-alimentaires du site va s’étaler progressivement sur une vingtaine d’années, ce qui laisse une marge de temps pour planifier l’urbanisation de la friche industrielle et de ses alentours. Nous voulons éviter que chacun agisse tout seul dans son coin. Nous avons donc lancé un concours international avec quatre équipes pluridisciplinaires qui ont fait une étude non seulement sur le site de l’Agrocenter, mais aussi sur un périmètre global de quelque 50 hectares. En juillet 2010, le projet d’une de ces équipes a été retenu, et nous sommes en train de travailler pour lui donner le caractère d’un plan directeur. Ce plan directeur sera à nouveau partagé en projets d’aménagement particulier. Il s’agit vraiment d’une vision sur le long terme qui vise à créer, à l’horizon 2030, un véritable nouveau centre pour Mersch. Une zone urbaine mixte, avec du logement, des commerces, des services et des équipements publics.

Commune de Mersch

La future implantation de l’Agrarcenter


En 2007, la Centrale paysanne (Cepal) a annoncé que les bâtiments actuels de l’Agrocenter étaient obsolètes et qu’il fallait prévoir une nouvelle construction sur un site différent. Le choix du nouveau site a donné lieu depuis un an et demi à de vifs débats. Envisagé pendant longtemps, un terrain situé à proximité de Pettingen, dans la commune de Mersch, a fait l’objet d’une forte opposition de la part d’une initiative citoyenne, du Mouvement écologique et de l’association natur&ëmwelt. Raisons invoquées : le site se trouve dans une zone naturelle protégée et une construction porterait atteinte à la faune sauvage, arguments contestés par la commune de Mersch, favorable au projet. Entretemps, le 16 décembre, le conseil communal de Colmar-Berg a dit oui, à une courte majorité, à la construction de l’Agrarcenter sur son territoire, dans le voisinage immédiat du Centre de formation pour conducteurs. « De Verband », la Fédération agricole qui est également le promoteur du projet, a accueilli d’un bon œil cette décision, déclarant ne plus vouloir retarder le démarrage du projet. La prochaine étape est de savoir si le site à Colmar-Berg se verra octroyer toutes les autorisations nécessaires. Le nouveau site, qui sera intitulé « Lëtzebuerger Agrarzenter », devra abriter des structures de stockage de blé, une usine de fabrication d’aliments pour bétail, une station de semences, un bâtiment pour machines agricoles et un bâtiment administratif.


A proximité, c’est un véritable campus lycéen qui va voir le jour…
En effet, l’État a acheté à la Centrale paysanne 7 hectares à côté du site de l’Agrocenter, pour y construire le Neie Lycée, avec 1 000 élèves, et le Lycée technique pour professions éducatives et sociales, avec 600 lycéens. En tout, ce seront quelque 1.600 élèves qui fréquenteront le campus dès qu’il ouvrira en décembre 2011. Bien évidemment, ils pourront bénéficier de l’accès direct à la gare et à la centrale de bus.


Le SOS Kannerduerf

SOS Kannerduerf, Mersch
SOS Kannerduerf, Mersch
SOS Kannerduerf, Mersch
SOS Kannerduerf, Mersch
SOS Kannerduerf, Mersch
SOS Kannerduerf, Mersch
Situé à la périphérie de Mersch, le village d’enfants SOS (Kannerduerf) est la première mission de la Fondation Lëtzebuerger Kannerduerf. Il accueille des enfants âgés de 0 à 8 ans. Ceux-ci peuvent rester dans la structure jusqu'à ce qu'ils soient autonomes. Le village comprend sept familles d’accueil, avec un maximum de cinq enfants chacune. L'enfant vit dans une maison particulière, avec une personne qui prend soin de lui, la mère SOS ou les parents SOS. Son épanouissement est favorisé par la vie en communauté au sein du village. Les voisins, les amis, les animaux, les festivités, les espaces verts et les aires de jeu constituent un environnement enrichissant. La maison dite « maison commune » abrite l'administration ainsi que les ateliers de formation.
www.kannerduerf.lu


Quelles sont les grandes lignes en matière de création de logements ?
Comme mentionné précédemment, le plus grand projet urbanistique pour les années à venir porte sur la conversion du site de l’Agrocenter et de ses alentours en une zone d’habitation, de commerces et de services. Nous sommes en train d’élaborer un plan directeur pour pouvoir créer un nouveau quartier cohérent. D’autre part, nous avons encore un bon potentiel de développement pour d’autres lotissements. Nous attendons que la loi sur l’aménagement communal soit définitivement arrêtée afin de procéder à la révision de notre plan d’aménagement général (PAG). En attendant, nous avons déjà modifié la partie écrite de ce PAG, afin d’éviter que des constructions disproportionnées ne viennent défigurer le caractère rural des petites localités de la commune. Nous avons réduit la densité du bâti dans ces bourgades, tandis que des densités plus importantes sont autorisées pour Mersch et Rollingen.

Quels sont les autres grands projets communaux ?
Nous sommes en train de construire un bâtiment central pour le service d’incendie de la commune, à Mersch. Par ailleurs, nous procédons au réaménagement de l’ancienne école de Reckange en un centre sociétaire où seront dispensés des cours de musique et de langues. Les deux projets devront être achevés pour l’automne 2011.
A l’emplacement de l’actuelle école Nicolas Welter, derrière la Mairie, nous planifions de construire une maison-relais pour 240 enfants et intégrant six salles de classe du cycle 1 de l’école fondamentale.
L’assainissement de nos sources d’eau potable et de nos forages mettra également à contribution nos budgets futurs. Comme partout, ces ressources sont en régression, tant au niveau du débit que de la qualité. Nous allons heureusement être raccordés au réseau Sebes, mais nous devrons néanmoins investir dans nos propres ressources, sans oublier les structures d’assainissement.
Enfin, citons une sorte de « never ending story » : le réaménagement de la rue Grand-Duchesse Charlotte, notre principale artère commerciale, un projet des Ponts et chaussées qui date de 1999, mais qui a dû attendre le contournement de Mersch, le tunnel de Gosseldange et le giratoire à Berschbach.



Château de Schoenfels, Mersch
Schoenfels : Le château a été acquis par l’Etat dans les années 1970. Le donjon fait actuellement l’objet d’importants travaux de rénovation. Après la remise en état, il abritera un centre d’accueil pour la réserve naturelle de la vallée de la Mamer. La ferme adjacente sera démolie pour faire place à une nouvelle construction qui, d’une part, accueillera un centre de thérapie pour personnes toxicodépendantes géré par l’asbl Stëmm vun der Strooss, et, d’autre part, fournira de nouvelles installations pour l’administration de la nature et des forêts.

Comment abordez-vous la question de la préservation du patrimoine bâti ?
Dans le cadre de la révision de notre PAG, nous avons fait établir un relevé des bâtiments dignes d’être conservés. A notre grande surprise, l’étude en a identifié quelque 300. Ce relevé a été transmis au Service des sites et monuments nationaux. Ce dernier y a rajouté encore plus d’objets, ce qui au final a conduit à une liste de 350 bâtiments dignes d’intérêt. Cependant, la majorité du conseil communal est d’avis que ce nombre est exagéré et qu’il ne faudrait peut-être pas vouloir tout garder - il faut tout de même tenir compte de l’enjeu financier pour les propriétaires. Avec les restrictions inscrites dans la partie écrite de notre PAG pour ce qui concerne les petites localités, une base est établie pour préserver le caractère rural de ces villages.


www.mersch.lu
Photos : P. Lobo
Magazine Wunnen
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