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Article publié le 19 septembre 2012 - Wunnen n° 30 - septembre-octobre 2012

19.09.2012

Édito

Architectes solidaires

Architectes solidaires
Deux des expositions les plus marquantes de la Biennale d’architecture de Venise – légitimement récompensées par des Lions d’or – mettent l’accent sur des aventures humaines plutôt que sur des concepts théoriques. Ce sont aussi des projets dans lesquels les architectes impliqués se montrent particulièrement à l’écoute par rapport à des êtres et des situations qui les dépassent.
Dans le pavillon du Japon, « Architecture possible here ? Home-for-All » raconte comment Toyo Ito, l’un des plus grands architectes japonais contemporains, et trois jeunes architectes ont abordé la conception d’une structure d’accueil destinée aux habitants de Rikuzentakata, une localité ravagée par le tsunami en mars 2011. La particularité de ce projet réside dans le dialogue étroit qui s’est établi entre les architectes et la population locale pendant tout le processus d’élaboration, dans la façon dont, au fil de multiples rencontres et entretiens, mémoires et émotions ont influé sur les esquisses. Toyo Ito : « We made this house without any barrier between ‘professional’ and ‘amateur’, no distinction between ‘builder’ and ‘resident’. Every step of the process was done together with local people : we planned together, thinking things through as we created, creating things as we thought. Builders became residents, residents became builders. »
Quant à l’installation « Torre David/ Gran Horizonte », qui se présente sous la forme d’un restaurant latino fort sympathique, elle est consacrée à une histoire hors-du-commun, celle d’une communauté de « squatteurs » - 750 familles pauvres - établie dans un gratte-ciel inachevé et abandonné de Caracas. Pour les architectes auteurs de l’exposition, qui ont passé un an sur le site pour en étudier l’organisation spatiale et sociale, Torre David est une épopée humaine tout autant qu’un cas d’étude démontrant « la force des sociétés informelles ».
Ces deux expositions s’inscrivent dans la tonalité générale de la 13e Biennale d’architecture qui bat en brèche l’esprit d’individualisme et le culte des architectes stars au profit d’une vision plus collaborative et généreuse de la profession. Il ne s’agit plus d’en mettre plein les yeux, mais d’en mettre plein le cœur.
Magazine Wunnen
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